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Les radios en Afrique

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Vie politique, vie sociale, santé, éducation… Sujets essentiels qui, dans les pays occidentaux, sont abordés, débattus quotidiennement dans des médias variés proposés à profusion à notre réflexion.  Cette «richesse» démontre certes que le débat est admis, l’expression libre et l’opposition reconnue, voire même encouragée.

Mais l’uniformité qui gagne en ce moment et les questions qu’elle suscite permet-elle à chaque pays, à chacun de ses citoyens, de conserver son âme, sa spécificité, sa conscience? Le débat est largement ouvert…. Débat qui semble bien illusoire aux citoyens des pays d’Afrique qui n’ont, le plus souvent, pour se tenir informés qu’un poste de radio car la télévision est trop chère et les journaux parfois difficiles à lire. Pourtant, le besoin de s’ouvrir à ce qui se passe dans le pays et dans le monde, la volonté de connaitre et de réfléchir à l’histoire du pays, de penser à son avenir est bien présente. La profusion comme la pénurie unissent tous les pays face à l’information et posent finalement les mêmes questions fondamentales.
Radios publiques et radios libres existent en Afrique. Elles ont suivi l’évolution des sociétés africaines : période coloniale, période de l’Indépendance, période d’éducation et de développement, période de pluralisme économique et politique et période de crise de la fin des années 1990 à nos jours.
Les missions de service public des radiodiffusions sont souvent clairement définies : accès de tous les citoyens sur toute l’étendue du territoire national, promotion et valorisation du patrimoine culturel national, garantie d’une information et d’une communication dont la responsabilité incombe à tout pays souverain. Ce sont ces radios publiques qui possèdent la majorité des archives sonores.

Radio Burkina

Dans plusieurs pays, les radios libres se sont développées en marge des radios d’État. Diffusées dans la ou les langues locales, elles représentent un élan de liberté et de démocratie.
La radio a ainsi souvent pris le relais de la tradition orale. C’est une amie qui ponctue la journée. C’est aussi, souvent, la seule source de divertissement. On se réunit autour de la radio pour écouter les conseils de santé, les messages de baptêmes, de mariages ou de simple salut. Vecteur de lien social et d’éducation populaire, la radio est également un moyen pour véhiculer des valeurs de justice sociale et d’égalité entre les sexes.
Tradition, éducation, vie sociale sont ainsi les valeurs essentielles véhiculées par les radios africaines qui, ainsi, construisent un lien très fort entre les auditeurs et permettent aux citoyens de prendre conscience qu’ils font partie d’un ensemble qui les a construit, qui les soude pour aller de l’avant. Ainsi, le contexte africain, avec ses particularités, impose d'approcher la radio avec une analyse appropriée.

De nouveaux questionnements se posent qui appellent de nombreuses voies d’exploration :

• une première voie pourrait prolonger la réflexion sur les fonctions de la radio pour permettre de mieux appréhender l’impact et le rôle des radios dans les sociétés africaines, leurs incidences politiques et culturelles, leur contribution effective au développement, à la démocratie et à la citoyenneté ainsi que l’emprise réelle de la radio dans la vie quotidienne,

• une seconde voie pourrait s’organiser autour des questions touchant aux mutations récentes en matière de statut juridique, de conditions d’exploitation, de financement

• une troisième piste pourrait s’orienter vers la radio du futur ! Le transfert rapide des technologies en Afrique pose déjà des questions nouvelles autour des radios numériques, du podcasting, etc. Il faudra observer les diverses pratiques radiophoniques qu’induit l’avènement de ces nouvelles technologies.

Et, parmi les questions qui se posent, on peut distinguer les suivantes :

• La communication religieuse est en passe de devenir une option préférentielle des radios africaines. Quels publics, quels contenus, quelles fonctions, quels enjeux, quelles influences ?

• L’étude des publics et de la réception qui sont pourtant des thèmes classiques font aujourd’hui défaut en Afrique. Il n’y a pas de public homogène et la multiplicité des radios ne permet pas de se faire facilement une idée sur les audiences des radios et des programmes.

• L’oralité pourrait constituer également un autre champ d’investigation. Avec les mutations incessantes et vertigineuses des pratiques radiophoniques en Occident, peut-être l’Afrique offrira-t-elle la chance de conserver pour un temps encore la réalité de « radio pure nature ».

• D’autres questions spécifiques touchant par exemple la place croissante de la femme dans la pratique radiophonique, les radios de proximité, pourront être abordées.

L’étude de la radio africaine n’impose pas seulement des problèmes spécifiques, elle suppose des méthodes appropriées. En résumé, la radio reste le média roi en Afrique. «Pratique et économique, elle pénètre même dans les endroits les plus reculés pour offrir au plus grand nombre une fenêtre sur le monde. Tour à tour informatives, éducatives ou tristement propagandistes, les ondes ont encore de beaux jours devant elles sur le continent.» (www.afrik.com)

Pour poursuivre la réflexion :
http://www.africa1.com/   
http://www.msha.fr/cemic/mediasrtp.htm#bilan
http://www.leblogtvnews.com/article-11510296.html  http://www.lecourrier.ch/index.php?name=NewsPaper&file=article&sid=43578
http://www.telerama.fr/radio/20058-paroles_de_femmes.php